Archives de Catégorie: Chronique littéraire

David Bowie is !!!

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Avant-gardiste, caméléon, inlassable travailleur, difficile d’aborder le personnage David Bowie !
Depuis plus de quarante ans, toujours sur un temps d’avance, Bowie reste l’un des artistes majeurs de la scène musicale même si, ces derniers temps, il joue plutôt à cache-cache avec les média et son public.
D’une immense culture, Bowie aura construit sa carrière avec une grande intelligence, s’entourant de musiciens compétents mais n’hésitant pas à jouer les pompiers de service pour d’autres, tel le groupe « Mott the Hoople » auquel il donnera « All the Young Dudes » ou Yggy Pop en produisant et coécrivant « The Idiot » et « Lust for life » lors de sa période dite berlinoise.

L’exposition qui lui est consacrée à la Philarmonie de Paris est à la hauteur de ce personnage insaisissable : un patchwork de couleurs, de créations, de clips, de documents sonores à l’habile scénographie. De grands noms de tous horizons côtoient la star dans cet univers, son fidèle guitariste Carlos Alomar, Marc Bolan, William Burroughs, Brian Eno, Freddie Mercury, Iggy Pop, Robert Fripp, Stanley Kubrick, Andy Warhol, Jacques Brel, Lou Reed, Ryuichi Sakamoto et même… la lune !

David Bowie is… est l’exposition qu’il faut aller… écouter !

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Retour sur nos coups de coeur de Janvier

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Americanah Chimamanda Ngozi Adichie – Gallimard

Une pépite, une perle, une bombe, une MERVEILLE !

Les arpenteurs – Kim Zupan – Gallmeister –

Lorsqu’un gardien de prison se prend d’affection pour un meurtrier multirécidiviste, sa vie devient un enfer… Un roman noir, psychologique, et aventurier !

Aucun homme ni dieu – William Giraldi – Autrement

Quelle aventure !
Aux confins de la terre, au nord de l’Alaska, des loups enlèvent les enfants du village. Quel est le nom du mal qui dérange la survie de cette lointaine contrée glaciale ? Bienvenue dans le grand cirque blanc de l’angoisse !

Le monde selon Billy Boy – Gilles Leroy – Mercure De France

Eliane a tout juste 20 ans lorsqu’elle tombe enceinte, reniée par sa famille et abandonnée par son compagnon. Il ne lui reste plus que son courage pour faire face à la situation.
Gilles Leroy retrace dans cette autobiographie le portrait de ses parents…

Dans son propre rôle – Fanny Chiarello – Editions De L’olivier

Angleterre, 1947. Fennella est domestique dans un manoir anglais isolé, Jeanette est femme de chambre au Grand Hôtel de Brighton.
Deux existences qui vont basculer à cause d’une lettre…
Ce roman est ABSOLUMENT SUPERBE, et l’écriture délicate de Fanny Chiarello y est pour beaucoup. Une perle !!!

Seul, invaincu – Loïc Merle – Actes Sud

Le second roman de Loïc Merle est celui de la confirmation. Il est dérangeant, perspicace et implacable. Le héros de Seul Invaincu a fui la société civile et ses débordements pour le confort réglementaire de l’armée. Une permission sera l’occasion d’un drôle de retour à la réalité…

Le voyant – Jérôme Garcin – Gallimard

Un sublime hommage à Jacques Lusseyran, aveugle à 8 ans, résistant à 17 et auteur, entre autres, de « Et la lumière fut ».
Merci Monsieur Garcin !

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Vernon Subutex t.1 – Virginie Despentes – Grasset

« Beau, talentueux, insolent, enragé » : voici comment Despentes décrit l’un de ses personnages, et voici comment décrire ce livre, ce roman inclassable, ce coup de poing salutaire.

Trois frères – Peter Ackroyd – Philippe Rey

Trois frères, nés à midi le 8 mai de trois années consécutives… Ça commence comme un conte de fées, mais aucun d’eux ne sortira vraiment indemne de ce roman so british qui fait revivre Londres dans les années 50. Un délicieux moment de lecture.

Le voyage d’Octavio – Miguel Bonnefoy – Rivages

Ce récit oscille entre la féerie de Garcia Marquez et le Chef d’œuvre inconnu de Balzac. Un sublime voyage au cœur du Venezuela et de ses origines.

Ariane dans le labyrinthe – Philippe Bollondi – Le Nouvel Attila

Une merveille de réécriture du mythe du Minotaure. Cette bête mi-homme mi-taureau a été enfermée par le roi Minos dans le labyrinthe de Dédale. Celui qui parviendra à la tuer pourra épouser la fille du roi, Ariane. Philippe Bollondi reprend les grands axes du mythe pour jouer avec les destins des protagonistes de cette farce, à l’égal des Dieux. Puissant !

Nord-nord-ouest – Sylvain Coher – Actes Sud

C’est une fuite nautique, une cavale magnifiquement orchestrée par Sylvain Coher. Auteur féru de navigation, il se révèle également maître du huis-clos et du drame. Un roman emballant, gare au retour de vague !

Un faux-pas dans la vie d’Emma Picard – Mathieu Belezi – Flammarion

Le cri de rage d’une femme à qui la France avait promis des terres et la fortune dans l’Algérie coloniale et qui, de catastrophe en désillusion, y perdra tout.
Déchirant, magnifique.

Mentir n’est pas trahir – Angela Huth – Table Ronde

On pourrait croire à une comédie de mœurs à l’anglaise, mais lentement, au fil des pages, on sent le drame s’insinuer… L’écriture vive et le rythme enlevé en font un roman très prenant. Vous reprendrez bien une cup of tea ?

Les événements – Jean Rolin – P.o.l

L’auteur d’Ormuz nous emmène à travers une France déchirée par la guerre civile. Une France cataclysmique et détonante…
La magie de Jean Rolin opère toujours !

Rencontres de décembre : Guillaume Gallienne – Pauline Guéna/Guillaume Binet

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Entre deux paquets cadeaux, la librairie Delamain vous accueille en décembre pour deux belles rencontres !

Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie Française, viendra tout d’abord vous dédicacer son récent ouvrage « Ca peut pas faire de mal ! » publié aux Editions Gallimard le Vendredi 5 décembre, compilation des extraits lus dans son émission éponyme sur France Inter. Deux CD accompagnent l’ouvrage pour de savoureux moments d’écoute !
Soyez à l’heure, notre invité ne pourra rester avec nous que de 18h à 19h précises !

Nous embarquerons la semaine suivante pour les Etats-Unis avec Pauline Guena et Guillaume Binet pour leur magnifique ouvrage illustré, sorti aux Editions Robert Laffont « L’Amérique des Ecrivains ». Le récit de leur road trip familial est agrémenté d’une vingtaine de rencontres d’auteurs américains. Interviews, curiosités et grands espaces font de cet ouvrage un cadeau formidable pour les fêtes de fin d’année !
La rencontre aura lieu le Mardi 16 décembre à 19h30.

A très bientôt !

Les groseilles de Novembre – Andrus Kivirähk – Le Tripode

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Principal prosateur de la « jeune génération », Andrus Kivirähk, né en 1970, est reconnu comme l’écrivain doté d’une imagination foisonnante au style surprenant. En puisant son inspiration dans les vieilles légendes estoniennes, cet auteur nous donne une énorme envie de découvrir l’Estonie.

Après « L’homme qui savait la langue des serpents », dont nous venons à peine de nous remettre, un roman touchant d’une fable moderne dans lequel le peuple estonien quittait la forêt et leur folklore pour adopter la civilisation, Andrus Kivirähk nous revient avec « Les groseilles de Novembre », différent du roman précédent dans sa construction mais utilisant, là encore, les croyances populaires en les accommodant à sa sauce.
Depuis, nous en savons un peu plus sur l’histoire estonienne. Entre autre, cette notion du mythe de « sept siècles d’esclavage ». Un mythe souvent repris par la littérature estonienne pour décrire la souffrance des paysans estoniens face aux barons baltes. Alors que dans « L’homme qui savait la langue des serpents », le peuple de Leemet approuvait le mode de vie et la religion de l’envahisseur en désirant quitter la forêt pour adopter leur civilisation au risque de perdre leur âme, l’auteur, dans son nouveau roman, prend à contrepied cet aspect en inversant les rôles entre les paysans esclaves et les barons maitres. Ainsi, les esclaves deviennent les maîtres de leur maitre grâce à leurs ruses.
C’est un réel plaisir de s’amuser avec Andrus Kivirähk et de plonger dans la vie d’un village fin 18e siècle où nous y côtoyons des objets assemblés les uns avec les autres – nommés kratts – marauder, un pauvre Diable qui ne cesse de se faire leurrer, des seigneurs dupés par leurs serfs, une sorcière à l’âme pure prête à rendre service bons comme mauvais, la malaria que l’on fait fuir à coup de rasades de vodka… On y croise l’amour aussi, des amours impossibles, torturés que nous suivons pas à pas.

Vous l’aurez compris, lire Andrus kivirâhk est un pur moment de bonheur, de lâcher-prise. Un roman à découvrir et partager.

Retour sur nos coups de coeur d’octobre

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Les groseilles de novembre – Andrus Kivirahk, Denis Dubois – Le Tripode

Après le magnifique « L’homme qui savait la langue des serpents », êtes-vous prêts à replonger dans le folklore estonien ?!
C’est un délice de s’amuser avec Andrus Kivirähk qui prend ici le parti d’inverser les rôles entre les paysans esclaves et les barons maîtres : les esclaves deviennent les maîtres de leurs maîtres grâce à leurs ruses.

La pluie ébahie – Mia Couto – Chandeigne

Une pluie indécise, facétieuse qui ne tombe pas ! Un village en émoi : malédiction divine ou dûe au progrès ? Mia Couto en merveilleux conteur qu’il est nous livre là un récit où se mêlent fortement poésie et fantastique. Magnifique !

Je refuse – Per Pëtterson – Gallimard

« Je refuse » est un magnifique roman sur l’amitié entre deux hommes cabossés par la vie. Per Petterson évoque avec pudeur les fêlures et la colère qui animent deux êtres humains.
Un roman fort et unique.

L’ours est un écrivain comme les autres – William Kotzwinkle – Cambourakis

Une excellente satire, enjouée et loufoque, du monde littéraire. William Kotzwinkle ne mâche pas ses mots, aucun acteur de cet univers ne sera épargné !
Jubilatoire…

Ricordi – Christophe Grossi, Daniel Schlier – Atelier Contemporain

480, c’est le nombre de « Ricordi » avec lesquels nous voyageons dans le temps et l’espace dans l’Italie des années quarante à soixante. Un sublime voyage que nous faisons avec l’auteur, lancé sur les traces de ses aïeux à travers les souvenirs des autres.
« Mi ricordo » – « Je se souvient »

Géologie d’un père – Valerio Magrelli – Actes Sud

« Le seul document, c’est moi : le papier tue-mouche du souvenir ».
Et quels souvenirs !
Valerio Magrelli se souvient de son père avec émotion. Il est caustique, touchant, sans pitié. La maladie de Parkinson sévit, que reste-t-il du père ?

La patience du franc-tireur – Arturo Pérez-reverte – Seuil

Embarquez avec A. Pérez-Reverte dans une course poursuite dans le milieu du street art. A Madrid, Lisbonne, Vérone ou Naples, un roman décapant dont on ne sort pas indemne !

Pour Isabel – un mandala – Antonio Tabucchi – Gallimard

C’est un roman en forme de mandala. Des cercles s’enchâssent pour retrouver l’être aimé, ses traces et son parcours.
Un roman déterminant pour A. Tabucchi qui offre un étourdissant moment de lecture.

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L’ange gardien – Jérôme Leroy – Gallimard

Bienvenue dans la France des Berthetleaks. Berthet, vieil homme de main d’une filiale de la DGSE, balance sur le net puis dans un ouvrage les arcanes de « l’Etat Profond » et ses dérives. Quand la République perd les pédales, sur qui peut-on encore compter ? Un polar lucide et efficace dans la droite lignée du dernier roman de l’auteur, « Le Bloc » !

Kobra – Deon Meyer – Seuil

Les titres des polars de Deon Meyer claquent comme des balles ! Celui-ci commence par un massacre… silencieux ! Une course-poursuite s’engage alors entre un perroquet, les services spéciaux de la police sud-africaine et un mystérieux « kobra ».
Haletant.

Point Dume – Dan Fante – Seuil

Entre réunions des Alcooliques Anonymes et vente de voitures de luxe, J.D Fiorella, ancien détective privé va croiser un tueur formé au sadisme par les nazis !
Un polar déjanté et brutal dans lequel l’homme de loi est aussi pervers que le tueur…

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Fouché, les silences de la pieuvre – Emmanuel De Waresquiel – Tallandier

Après Talleyrand, Emmanuel De Waresquiel s’attaque à « l’homme des mécanismes de l’opacité et du secret ». C’est une formidable biographie pour un personnage habile, secret, puissant et trop peu connu de l’histoire de France. Sous la Terreur ou le Consulat, c’est un régal !

L’obstination – Adèle Van Reeth – Plon

Troisième titre de cette collection avec « L’obstination ». Une analyse riche et très référencée pour faire le tour de la question. Un joli moment de lecture !

La loi du sang ; penser et agir en nazi – Johann Chapoutot – Gallimard

Un travail titanesque de relecture des textes, tracts, affiches, vidéos et autres supports idéologiques de l’Allemagne nazie.
Où l’on saisit ainsi comment chaque homme au quotidien a pu être soumis à l’embrigadement le plus total dans l’intérêt supposé du « peuple allemand ».

Vingt ans et après ; Letzlove, l’anagramme d’une rencontre – Thierry Voeltzel – Gallimard

Cet entretien fut publié pour la première fois en 1978. Thierry Voeltze, « jeune de 20 ans », est interviewé par un intellectuel reconnu mais anonyme, Michel Foucault.
Lutte, famille, sexualité, éducation sont, entre autres, les thèmes abordés dans ce document emprunt d’innocence et de passion.
Une postface éclairante a été ajoutée pour cette nouvelle édition.

Le dernier gardien d’Ellis Island

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Dans ce quatrième roman, Gaëlle Josse explore avec justesse et sensibilité les heurs et malheurs des vies humaines ainsi que les vertiges de l’absence. L’auteure nous emmène à la rencontre d’un lieu qui fut considéré pendant plus de 60 ans comme la porte d’entrée des États-Unis, une toute petite île au large de New-York, nommée Ellis Island.

Nous sommes le 3 novembre 1954 et il ne reste, pour John Mitchell directeur du centre d’immigration logé sur Ellis Island, que neuf jours avant la fermeture de ce dernier, pour raconter « cette île qui a dévoré (sa) vie ». Neuf jours durant lesquels les mots vont affluer dans un journal, qui fera office de testament, alors qu’instinct de vie et instinct de mort s’affrontent sur fond d’images de rêves et de souvenirs.

Ellis Island est alors le passage obligé pour tous les étrangers espérant vivre aux États-Unis. Parmi eux, des Juifs, des Polonais, des Hongrois, des Tchèques, des Serbes, des Slovaques, des Grecs, des Turcs, des Arméniens, des Italiens. Tous rêvaient d’une vie meilleure sur le Nouveau Monde. Mais « L’Amérique, dans sa générosité ne pouvait accueillir ceux qui constituaient une charge ou un danger potentiel ». Alors ces immigrants qui débarquaient avec quelques souvenirs de leurs terres natales étaient non pas accueillis mais inspectés, interrogés, auscultés.

Par l’intermédiaire de John, l’Amérique traquait la maladie, vérifiait le passé des migrants, scrutait leurs opinions, leurs idéaux, leurs projets. Mais accaparé tout entier par les tourments de ces migrants, la vie de John s’est construite à ses dépens.

Son carnet constitue également la confession troublante d’un homme qui a aimé à en souffrir, un être dont la douleur se révèle être la seule chose qu’il possède encore en propre. Il y a eu Liz, son épouse, trop tôt disparue, puis une immigrante Sarde tant désirée. Une passion contre nature qui le poussera à s’interroger sur ses responsabilités et ses devoirs.

Un sublime roman, mené d’une main de maître par une prosatrice remarquable, à découvrir à tout prix.